Madeleine Dipama, Abdoulaye Kinda, Pakode Ouedraogo, Elelboe Kantiono, Minata Go, Aissiata Sissago, Moui Daniel Silga, Bouakre Sinon,Yabre Minkougnan dit Halidou.

 

Bakani Bakari est le mari de Minata Go, il est gardien chez un particulier. Il espère un jour posséder son propre taxi. Bakani temoigne : « Chaque mois je mets un peu de côté pour nous sortir de là; même si ma grande fille me donne un coup de pouce avec son petit commerce de chaussure, c’est dur! ».

Sa femme ne travaille pas, il est seul à assumer leurs six enfants. Ils sont tous scolarisés dans les environs. Le cadet est en troisième au lycée technique et les deux filles sont au collège.Les deux derniers sont en bas-âge.

Bakani cherche activement, il arpente Anono, les loyers pour 1 chambre salon s’élève à 45 000 Frcs par mois. Les propriétaires exigent 6 mois de loyers d'avance et 3 à 6 mois de caution.
Il me dit : « C’est TROP! Je dois encore économiser quelques mois. En attendant, on est là! ».

 

Noufou Sankara est jardinier, il gagne 100 000 Frcs par mois.
Son employeur lui a prêté 100 000 frcs pour l'aider à emménager dans un autre entrer-coucher. Mais Noufou a encore besoin d’environ 125 000 francs. Sa problématique, comme Bakani et les autres, repose sur les montants des cautions exigés par les propriétaires. Il recherche
un coin à 25 000 francs par mois.
En attendant, il dort sous une table dans les décombres.

Marietou Yabre ne travaille pas. Elle est enceinte de quelques mois, son copain est gardien chez un particulier au II plateaux. Avant, ils louaient un coin à 20 000 par mois. Depuis les loyers

ont tous doublés, il est donc devenu compliqué de trouver un logement dans leur prix. En attendant, ils dorment là où ils peuvent être accueillies.

 

Moussa Kiemtore, vit chez des amis. Il est imam. Il n’a pas de salaire, il compte sur l’argent des fidèles. La mosquée ou il prêchait a été détruite, une mosquée de fortune a été installé dans les décombres. Le jour où je photographie sa carte,  j’ignore que je traverse le lieu de culte avec mes chaussures.

Abseta Barry est arrivée récemment à Abidjan, avec ses enfants, elle est venue rejoindre son mari. Depuis plusieurs années, "il fait la cuisine pour une famille". Abseta a trouvé un travail depuis 6 jours : elle fabrique de l’attieke. Avant, elle travaillait au champs: elle taillait le manioc. Pour l'instant, ils dorment dans un abris de fortune.

Mariam Sore me salut, nous commençons a discuter puis elle tourne les talons. Je reste coi. Je m’interroge sur laquelle de

mes paroles a pu déclencher une réaction aussi vive.

Puis, je la vois réapparaitre derrière le rideau d’une porte. Elle

me fait signe de la rejoindre dans une maison. Elle tient dans ses mains son passeport. Il y a quelques années son patron l’a

renvoyée. Mariam est désormais sans travail. Elle a 9 enfants, seulement 4 vivent en Côte d’Ivoire, les autres habitent au Burkina. Sa fille de 9 ans est scolarisée. Depuis, les déguerpissements, elle vit avec ses enfants chez sa sœur. Elle espère rentrer au Burkina.

Exposition Photos de famille

OFF des Rencontres de Bamako - Villa Soudan - Bamako

02.12.17 - 31.01.18

Kougré Sia dit Eric, travaille dans une pizzeria. Ces enfants sont au Burkina.  Il me dit : « Là ou je trouve, je dors. »

© Ana Zulma 2018